11 septembre 2007

Et si Dominique Strauss Khan renonçait à diriger le FMI ?

78dc3358480e2235d900427d730ea265.gifDans le rapport dédié à la mondialisation d'Hubert Védrine, on peut lire au sujet du FMI :     
 
" Le FMI doit relever des défis d'une incertitude sur ses missions - moins de pays ont besoin de lui -, de la revendication d'une place accrue de la part des émergents, d'un début de contestation sur la nomination coutumière d'un Européen comme directeur général (contre un américain à la banque Mondiale). Dominique Strauss khan avait fait des propositions de réforme dès 1998". Hubert Védrine 
 
Bref on peut comprendre aussi que Dominique Strauss Khan serait bien inspiré de renoncer à la direction générale du FMI !  
 
Koffi Ghyamphy
Secrétaire national MRC
Président MRC37  

12 juillet 2007

Refonder la gauche !

Europe, mondialisation, rapports NORD/SUD

Et à Dominique Strauss-Khan, futur directeur du FMI

Il y a en effet un lien étroit entre ce que nous sommes et la nature des relations que nous avons avec l’ensemble de nos partenaires et des Nations. La capacité de la France de se projeter dans le « concert des nations » n’est que le reflet de l’idée qu’elle se fait d’elle même. Or l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes à gauche est en crise et cette crise renvoie à l’idée de citoyenneté qui traverse l’ensemble du « malaise français ». J’entends ici par Citoyenneté notre rapport au Monde.

La question européenne pose entre nous à gauche  un certain nombre de difficultés qu’il serait inutile de vouloir nier. Nous avons au contraire tout intérêt à en discuter librement et sans tabou. C’est la gauche toute entière qui en ressortira renforcée et pourra offrir des perspectives politiques claires.

La seule ouverture qui puisse primer à gauche est celle de l’ouverture à la réflexion !

Le Mouvement Républicain et Citoyen est de ceux qui font un lien étroit entre le 21 avril 2002 ; le 29 mai 2005 (rejet de la constitution européenne), et les différentes secousses politiques que traverse notre pays à un rythme qui va en s’accélérant.

La dernière secousse aura été la défaite collective de la gauche lors de la dernière élection présidentielle de 2007.

La question européenne est pour nous centrale pour une bonne compréhension de ces phénomènes.

Il ne suffit pas de dire « mort à Bruxelles » pour sortir de la difficulté que cela représente, car en aucun cas nous ne saurions exonérer les responsabilités nationales dans la mise en place des mécanismes européens. Ce sont bien aussi les Etats via le conseil des ministres européen qui, avec la commission sont à l’initiative des politiques conduites en Europe. Quelle plus belle illustration que le fameux sommet de Barcelone ou furent décidées les privatisations d ‘EDF, de GDF, de la Poste, l’allongement de la durée de cotisation des retraites…Nos compatriotes connaissent aujourd’hui la réalité de ces choix politiques.

La question est de savoir si nous croyons encore dans la capacité d’intervention et de régulation de la puissance publique ou s’il faut la réduire à l’accompagnement social de la mondialisation financière dont l’Europe reste aujourd’hui le relais. Les grands perdants de cette conception et de cette politique, ce sont les couches populaires des Etats européens  et à l’échelle planétaire le SUD livrés pieds et poings liés aux forces du nouveau capitalisme financier. Le déséquilibre va d’ailleurs croissant dans la mesure ou le rapport de force entre le travail et le capital continue de s’accentuer. Les capitaux voyagent à la vitesse de la lumière partout autour de la planète et se déterritorialisent tandis que le travail reste attaché à des territoires parce que c’est là que vivent les hommes.

Or la Citoyenneté, la conquête de nouveaux  droits (avec des devoirs) c’est toujours faite dans le cadre de la lutte du travail contre le capital. Nous sommes là face à un défi majeur et il est politiquement et socialement fondamental de recréer et de renforcer le lien entre outil productif et territoire. C’est aussi un défi pour chaque républicain car il y va de l’idée que l’on se fait de l’articulation entre l’Etat, la Nation et la République sociale. Soit l’Etat n’est que l’outil de domination de la bourgeoisie soit il continue de s’inscrire dans la tradition issue de la Révolution Française et il permet de réaliser ce que Jaurès appelait « les noces de la classe ouvrière et de la Nation ». Cette question est plus que jamais à l’ordre du jour pour la gauche française car la construction européenne ébranle cette vision des choses et cette perspective sans cesse à construire. Les catégories populaires ont en effet clairement rejeté le modèle qu’on leur propose parce qu’elle ne s ‘identifient pas à lui et qu’elles le ressentent nettement comme une menace pour leurs intérêts. En revanche elles restent attachées à la Nation car celle-ci est un repère claire auquel elles s’identifient. L’analyse de Karl Marx reste valable, la France reste par définition « une Nation politique ». Car c’est à leurs yeux et aux nôtres le seul cadre démocratique légitime. Cela veut simplement dire par exemple que l’eau, l’éducation, les services publics, les transports, la recherche, la culture, l’énergie ne sont pas uniquement des marchandises que l’on peut livrer aux lois du marché. Le premier devoir de la gauche est donc de transposer à l’échelle européenne cette conception de la gauche moderne et républicaine comme il faut par l’internationalisme la transposer à l’échelle planétaire.

Cela pourrait donc constituer les éléments de la feuille de route de Dominique Strauss-Khan à la direction du FMI.

L’Europe 

Il est donc difficile de parler d’Europe sans se référer au référendum sur le TCE.  La seule manière de dépasser ce vote pour avancer, c’est d’en tenir compte dans les politiques à définir aujourd’hui ! Le 29 mai 2005, s’est clairement exprimé dans le Pays, la volonté de conserver des services publics de qualité, des politiques publiques, de ne pas abandonner la laïcité en rase campagne. Il a été rappelé haut et fort que l’activité économique doit demeurer au service de celles et de ceux qui concourent à la création de richesses dans notre pays. La proposition d’un traité simplifié par le Président Nicolas Sarkozy n’intègre en aucun cas ses exigences.

C’est pourquoi le MRC propose tout de suite que la gauche se batte pour obtenir :

-la réforme du pacte de stabilité afin de relancer nos économies

-la réforme des statuts de la BCE pour que l’Emploi soit une priorité

-la création d’un gouvernement économique de la zone euro

-l’affirmation d’une politique industrielle

-la remise en cause du dogme de la « concurrence libre et non faussée » comme une révision sérieuse du libre-échange

-l’adoption dans les traités d’une clause dérogatoire pour les services publics.

Il n’est que temps à gauche de s’atteler à faire remporter en Europe ces réformes essentielles afin de conférer à la construction européenne un sens politique respectueux des peuples européens !

La Mondialisation et les rapports Nord/SUD

Il faut rappeler que ce que l’on appelle la mondialisation est un fait politique et idéologique ayant de fortes conséquences économiques. La mondialisation est d’abord une globalisation financière s’appuyant sur des outils extrêmement puissants et qui sont d’ordre  culturels, politiques, sociaux, militaires. Je n’ai pas le temps de m’étendre sur les phénomènes qui sont à l’œuvre aujourd’hui, mais il faut dire qu’il faut mener une véritable analyse du fonctionnement des élites dirigeantes d’un certain nombre de pays. Je pense aux Etats Unis d’Amérique, mais aussi aux principales puissances européennes. L’actuelle « sainte alliance » entre des mouvements messianiques, millénaristes et les néo-conservateurs, produit de véritable ravages à l’échelle du monde. Les affirmations et les ambitions impériales s’affranchissant d’une bonne partie de l’héritage philosophique issu des Lumières et s’appuyant en revanche sur une maîtrise technologique et une puissance militaire sans pareil et lourdes de menaces. Cette  vérité d’une globalisation impériale des Etats-Unis finira par se heurter à la réalité du monde et ne pourra pas empêcher le surgissement de nouvelles puissances: la Chine, l’Inde, le Brésil. Le tout est de savoir à quel prix ? Et on ne pourra pas éternellement refuser au monde arabe et musulman d’accéder à la puissance industrielle et au rayonnement politique. La clef du développement et de la paix se trouve dans l’organisation d’un monde multipolaire. La France à un rôle immense à jouer dans ce domaine à condition qu’elle le fasse avec intelligence et qu’elle sache être la voix des peuples qui espèrent en elle, et ils sont nombreux.

Plutôt que de jeter les Peuples en concurrence entre eux, rappelons que la Chine quant à elle dispose d’une « armée industrielle de réserve » corvéable à merci et offre donc aux multinationales transnationales un avantage comparatif certain et durable. Il y a là un chantier à ouvrir à la hauteur de ce qu’est la France. La belle idée du co-développement doit être relancée.

Là encore le chantier est colossal. Le premier d’entre eux doit être de sauver l’Afrique du SIDA, sans oublier d’autres fléaux comme le paludisme. Ce continent est malade de ses richesses et de nos appétits. De nouvelles relations doivent se nouer, basées sur une égalité véritable et de vraies stratégies de développement. Avec le monde arabo-musulman la France ne peut se satisfaire de voir se dessiner la perspective du choc des civilisations que certain élaborent délibérément. Tant pour des raisons idéologiques que pour s’assurer le contrôle des routes énergétiques. Le tout en s’appuyant sur une politique financière totalement dans la main du politique (c’est le cas de la Reserve Federal Bank aux Etats Unis d’Amérique) ce qui n’est plus possible pour nous avec l’indépendance de la BCE.

Du coup, le privilège du dollar renforce ce déséquilibre.

La mondialisation se caractérise par l’imposition de critères de performance financière exorbitantes : le retour de placement considéré comme normal avoisine les 15% alors que la croissance est inférieure à 3%.

Il s’agit d’un capitalisme mondialisé parce qu’essentiellement financier dont le cœur est la bourse.

Il va de soi que cette politique conduite à l’échelle mondiale se révèle incapable de promouvoir un développement viable à long terme. 

La gauche doit prendre l’initiative de la constitution d’une « alliance du progrès » en Europe. Cette politique serait une alternative à la mondialisation libérale qui arrive à bout de souffle !

Cette alliance de progrès permettant à la gauche de renouer avec sa tradition internationaliste, reposerait sur des principes politiques élémentaires . Permettre et rappeler que tout pays pour se développer à besoin :

-d’infrastructures modernes et publiques

-d’un bon niveau d’éducation et de santé

-d’un État existant, car celui-ci incarne la souveraineté populaire et donc aussi la légitimité démocratique.

-il faut envisager une réforme du système monétaire international qui ne se consacrerait plus le privilège du dollar.

-il faut mettre en place des prêts à taux zéro pour que les pays en difficultés puissent rattraper leur retard (eau potable, hôpitaux, écoles, tissu industriel…).

Voilà ce qui est la tâche d’une gauche moderne et républicaine qui n’entend pas que l’Europe ne soit qu’une construction au service de la finance dans le monde !

Ce travail d’analyse des mécanismes à l’œuvre aujourd’hui , est essentiel aux yeux du MRC.

Cette analyse pourrait fortement inspirer Dominique Strauss-Khan, le futur directeur européen du FMI

Koffi Ghyamphy

Secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen 

09 juillet 2007

DSK et Sarkozy ?

Dominique Strauss-Khan s'apprête à accepter la propostion de Nicolas Sarkozy de défendre sa candidature au FMI et voilà pourtant ce que pensait Dominique Strauss Khan de Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines dans le Nouvel Observateur : "[...]Je ne vois rien de cela ni dans le protectionnisme national qui nous a été promis pendant la campagne présidentielle, ni dans le mini-traité qui nous est annoncé par Nicolas Sarkozy." Dominique Strauss Khan, Pour une nouvelle cohérence économique et sociale, Nouvel observateur.